Les labels alimentaires officiels

Les labels alimentaires officiels

Après la seconde guerre mondiale, l’ère de la grande consommationindustrialisation – hygiène – modernitéa délocalisé les productions alimentaires éloignant ainsi le consommateur du producteur. La fast-food, la cuisine collective prennent de l’essor alors qu’en parallèle on plébiscite un retour au vrai goût authentique de nos produits alimentaires et plats. S’opposent alors agriculture intensive, grande distribution, agro-alimentaire et produits de terroir et recettes

Les labels sont donc venus rassurer le consommateur lassé des OCNI (Objects Comestibles Non Identifiés – Claude FISCHER – L’Homnivore)et des mass appeal, margés à outrance dont nous avons déjà tous bien soupé. ONLABE. Sur fond de crises alimentaires et d’opacité des produits (origines, recettes, méthodes de production…), ils tentent de recréer des liens entre les consommateurs et les producteurs.

Bien entendu, les labels, même officiels, ont des pendants moins positifs. Encore une fois, le poids des industriels notamment dans le domaine du lait révèle des objectifs plus productivistes et marketing que qualitatifs et gustatifs. La notion de terroir évolue donc et, nous sommes bien d’accord s’éloigne de celle du goût.

un label, quesako ?

Un nom et un logo…

Le label est généralement utilisé par plusieurs marques, producteurs voire une association qui acceptent de se conformer à un cahier des charges commun défini. Publics (officiels) ou privés (commerciaux), les objectifs ne sont pas tout à fait les mêmes pour tous. Le cahier des charges regroupe l’ensemble des exigences auxquelles les produits labellisés doivent répondre.

officiels

Même si ils sont soumis à des lobbies comme celui du lait, les labels garantissent qualité et origine des produits. J’y reviendrai un peu plus bas. Le label se pose en référence pour le producteur comme pour le marché.

privés

Au contraire des « officiels », ils ne sont pas contrôlés par les pouvoirs publics. Si la majorité se révèle totalement marketing créés par des industriels souhaitant se faire passer pour meilleures qu’elles ne sont. « Elu Produit de l’Année », « Saveur de l’année »…, d’autres revêtent une dimension extrêmement utile pour le consommateur. Citons l’exemple du label sans gluten de l’AFDIAG, repère indispensable pour les céliaques allergiques au gluten.

Ajoutons que ces labels privés disposent d’un atout de poids face aux officiels : le poids de la marque et les millions d’euros u’ils peuvent investir en communication.

comment s’y repérer ?

Pas facile, j’en conviens.
La croissance sans fin du nombre de labels notamment privés sème le doute et crée la désinformation, la méfiance
. Qui en sont les émetteurs ? Qui sont les auteurs des cahiers des charges ? Quels contrôles ?

Il convient de faire attention au sérieux et à la fiabilité de l’ organisme, de l’entreprise, qui se cache derrière le label et ce à quoi s’engagent vraiment ses adhérents. Tout ceci est très opaque pour le consommateur.

La frontière entre marque et label est, en outre, souvent ténue. Certaines marques reprennent à leur compte les discours sur la qualité des labels officiels pour mieux vendre leurs produits. C’est le cas notamment de Reflets de France la marque de distributeur de Carrefour pour ne citer que l’une des plus connues.

Restons optimistes ! Les temps changent. Il semblerait qu’une réconciliation soit possible entre industrie, distribution et nous.

les labels officiels

labels

Appelation d’Origine Protégée (AOP)

Le label garantit un lien fort du produit avec son terroir. La qualité résulte du milieu naturel et du savoir-faire des hommes.

Le premier label officiel français est inventé en 1905 avec les Appellations d’Origine Contrôlées AOC. Il concerne d’abord le vin puis s’étend à d’autres produits alimentaires dans les années 90.
1992, l’Europe harmonise. Elle créée les Appelations d’Origine Protégée. En 1992, hormis le vin, les produits alimentaires ne peuvent mentionner que l’AOP.
Le label AOP est régit par le règlement (UE) n°1151/2012 du 21 novembre 2012. Un dispositif européen ouvert aux produits de pays tiers.

Pour être AOP, le produit doit obligatoirement et préalablement avoir été reconnu comme une AOC. En cas de refus de l’AOP, l’AOC reconnue auparavant est elle aussi perdue.
En France, en 2017, l’AOP concerne principalement les produits laitiers et les fruits et légumes, environ 50 pour chacun. D’’autres produits comme les «olives de Nyons», la «noix de Grenoble», le «foin de Crau »sont également concernés. Voici quelques exemples d’AOP européennes « gorgonzola» (Italie), «feta » (Grèce), etc. et d’ AOP de pays hors UE (AOP suisse «  gruyère  », AOP chinoise « pinggu da tao » (pêche), AOP vietnamienne « phú quốc » (sauce de poisson).

les labels alimentaires officiels

La liste des dénominations protégées est disponible sur le site de la Commission européenne (http///ec.europa.eu/agriculture/quality.fr)

Indication Géographique Protégée (IGP)

Créée en 1992 comme l’AOP, l’Indication géographique protégée (l’IGP) est également régie par le règlement (UE) n°  1151/2012 du 21 novembre 2012.

L’IGP sert à identifier un produit comme étant originaire d’un territoire, ou d’une région, d’une localité… La relation entre le produit et son origine est moins forte que pour l’AOP. Elle est cependant suffisante pour conférer une caractéristique ou une réputation à un produit et le faire ainsi bénéficier de l’IGP.

Labels alimentaires officiels français, les connaissez-vous tous ?

En 2017, près de 140 produits agro-alimentaires français sont labellisés. Jjambon de Bayonne, canard à foie gras du Sud-Ouest (Chalosse, Gascogne, Gers, Landes, Périgord, Quercy »), mogette de Vendée, pruneau d’Agen, volailles de Loué. En Europe : « bayerische bier » (Allemagne), « scotch lamb » (Royaume-Uni) ;pays tiers : « café de Colombia » IGP (Colombie), « thé Darjeeling » IGP (Inde).

Label Rouge

Créé dans les années 1960. Il atteste qu’une denrée alimentaire ou un produit agricole non alimentaire et non transformé possède des caractéristiques spécifiques, avec un niveau de qualité supérieure par rapport au produit courant. Le label rouge se distingue des produits similaires, notamment par ses conditions particulières de production et de fabrication.

Il existe plus de 400 Labels Rouges homologués par les pouvoirs publics. Ils concernent volailles, viandes, charcuteries, produits laitiers, produits de la mer, fruits et légumes, boissons, miel ..

Le Label Rouge

Il existe plus de 400 Labels Rouges homologués par les pouvoirs publics. Ils concernent volailles, viandes, charcuteries, produits laitiers, produits de la mer, fruits et légumes, boissons, miel ..

Agriculture Biologique

L’union européenne a adopté définitivement son nouveau règlement bio matérialisé par le logo « euro feuille » feuille sur fond vert.

Ce label garantit un mode de production alliant pratiques environnementales optimales, respect de la biodiversité, préservation des ressources naturelles et assurance d’un niveau élevé de bien-être animal. Il garanti que 95% des ingrédients d’un produit sont issus de l’agriculture biologique. […] Les règles autorisent la présence de traces d’OGM s’ils constituent moins de 0,9% du produit.

Important à noter : le label avec les initiales « AB » qui est français ne garantit plus que le produit soit d’origine française. Les règles européennes étant harmonisées, tout produit en provenance de l’UE peut porter le label AB. Celui-ci va progressivement disparaître pour laisser place au label européen.

Label alimentaire agriculture biologique

Le règlement (CE) n°834/2007 précise l’ensemble des règles à suivre. Il concerne la production, la transformation, la distribution, l’importation, le contrôle et l’étiquetage des produits biologiques. Le règlement est complété par des règlements d’application, notamment le (CE) n°889/2008.

Spécialité Traditionnelle Garantie (STG)

C’est sans doute le label le moins connu du grand public. Il atteste qu’un produit alimentaire a été fabriqué selon une recette considérée comme traditionnelle.

Une cinquantaine de produits est enregistrée au niveau communautaire. Citons la mozzarella et la kabanosy staropolskie, une recette traditionnelle de saucisse polonaise ou encore les moules de Bouchot ».

moules de Bouchot

Créée en 1992, la STG (Spécialité traditionnelle garantie) est un signe européen régi en dernier lieu par le règlement (UE) n°1151/2012 du 21 novembre 2012

controles

  • Avant la mise sur le marché des produits. Contrôle du respect du cahier des charges du signe des produits enregistrés en France. Les organismes certificateurs travaillent sous la responsabilité de l’INAO. Ils sont accrédités par le Comité français d’accréditation (COFRAC) et agréés par l’INAO. 
  • Après la mise sur le marché. Vérifications sur le marquage, la composition et la traçabilité des produits. La recherche des usurpations de dénominations protégées et de fraudes sont également concernées. La DGCCRF*, via ses agents, contrôle sur le territoire français, les produits français et étrangers présentés comme bénéficiant d’un signe européen de la qualité. Ils ont également la responsabilité des produits susceptibles de détourner ces signes. Les produits transformés élaborés avec ces signes sont également concernés. 

quelques labels non officiels

Leur liste est inépuisable néanmoins en voici quelques uns parmi les plus connus.

Connaissez-vous les 5 labels alimentaires officiels ?

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